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Tuberculose Tuberculose

Avec 2 millions de décès chaque année, la tuberculose est l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Mais les outils diagnostiques et les traitements sont souvent obsolètes et la recherche médicale insuffisante pour développer des outils à la hauteur des besoins.

Un tiers de la population mondiale est actuellement porteuse du bacille de la tuberculose.

Chaque année, neuf millions de personnes développent la forme active de la maladie et deux millions en meurent. 95% des cas se rencontrent dans les pays pauvres.

Cette maladie attaque les poumons et se transmet par l’air lorsque les personnes éternuent ou parlent.

L’infection n’entraîne pas nécessairement la maladie et 10% des personnes infectées développeront la forme active de la tuberculose à un moment de leur vie.

Les médicaments utilisés pour traiter la tuberculose datent des années 1950. La durée de traitement est de six mois.

Une gestion et un respect inadéquat du traitment expliquent l’apparition de nouvelles souches du bacille. La tuberculose résistante est encore plus complexe et plus longue à traiter que la forme simple de la maladie. Son traitement entraîne de nombreux effets secondaires et peut durer jusqu’à deux ans.

Par ailleurs, la pandémie de sida a largement contribué au développement de la tuberculose. En effet, la co-infection VIH/sida et tuberculose est devenue un duo mortel et difficile à traiter.

Est-ce que la tuberculose est aussi contagieuse qu’on le prétend ?

La tuberculose est une maladie bactérienne due au bacille de Koch (Mycobacterium tuberculosis). Dans sa forme la plus commune, le bacille envahit les poumons, c’est la tuberculose pulmonaire.

La tuberculose est une maladie très contagieuse. À chaque fois qu’une personne malade tousse ou éternue, elle expulse des milliers de minuscules gouttelettes qui peuvent contenir la bactérie responsable. Ces fines particules peuvent rester en suspension dans l’air pendant plusieurs heures et infecter d’autres personnes. Seules les personnes atteintes de tuberculose pulmonaire peuvent transmettre l’infection. Les principaux symptômes sont une toux persistante, des expectorations (crachats), une perte de poids et de la fièvre. Le bacille de Koch peut également se fixer sur d’autres organes, on parle alors de tuberculose extrapulmonaire, comme la tuberculose osseuse ou abdominale.

En l’absence de traitement, la moitié des malades environ meurent au bout de quelques années.

Comment diagnostiquer la maladie ?

Pour diagnostiquer la tuberculose, la méthode la plus utilisée est l’examen au microscope des crachats des patients. Mais ce test, mis au point en 1882, ne permet d’identifier que la moitié des malades. Il ne détecte pas certaines formes pulmonaires de la tuberculose, ni les formes extra-pulmonaires. Il est particulièrement peu sensible pour les patients co-infectés par le virus du sida et la tuberculose. Enfin, il ne fonctionne pas pour les enfants, qui ne savent pas produire de crachats. Pour les formes résistantes de la maladie, le diagnostic est encore plus complexe, puisqu’il nécessite des examens de laboratoire très techniques (antibiogramme) pour déterminer quels médicaments (antibiotiques) peuvent encore être utilisés pour soigner les malades. Ainsi, d’une manière générale, les méthodes diagnostiques disponibles ne sont pas assez fiables, ou bien trop complexes à mettre en œuvre à grande échelle dans des pays aux ressources limitées, là où vivent 95% des malades. Malheureusement, aucune innovation adaptée aux besoins n’est prévue avant plusieurs années.

Infection latente ou maladie ?

Un tiers de la population mondiale est infectée par le bacille de la tuberculose. Mais la plupart des personnes porteuses de la bactérie ne deviendront jamais malades : l’infection reste latente sans se transformer en maladie.

Toutefois, dans 5 à 10% des cas (source OMS), l’organisme ne parvient pas à contrôler la bactérie. L’infection se transforme alors en maladie, la "tuberculose active".

De plus, la pandémie du sida a fortement contribué à l’expansion de la maladie, car les personnes séropositives, lorsque leurs défenses immunitaires sont affaiblies, ont cinquante fois plus de risques de développer une tuberculose active.

L’autre inquiétude porte sur l’accroissement du nombre de malades atteints par des variantes de la tuberculose résistantes à un ou plusieurs des médicaments habituellement prescrits, et donc bien plus difficiles à soigner.

Est-ce que la tuberculose est facile à traiter ?

Le traitement de la tuberculose simple dure 6 à 8 mois. Il est basé sur des médicaments anciens, élaborés entre 1940 et 1960. Pendant une phase intensive de 2 mois, le patient prend chaque jour un cocktail de 4 médicaments (Rifampicine, Isoniazide, Pyrazinamide et Ethambutol, ou RHZE).

Lors de la phase de continuation, le traitement quotidien se limite à 2 molécules, sur une durée de 4 ou 6 mois selon le protocole choisi. Ce traitement est long et lourd, avec des effets secondaires importants, et doit être suivi scrupuleusement jusqu’à son terme pour en maximiser l’efficacité et réduire le risque d’apparition de résistances à une ou plusieurs des molécules prescrites.

Qu’en est-il de la tuberculose multirésistante ?

Lorsqu’ils ne bénéficient pas de traitements complets, qu’ils sont soignés avec des médicaments de mauvaise qualité ou qu’ils font une rechute, certains patients développent des résistances à une ou plusieurs molécules du traitement de première ligne. Il arrive aussi qu’un malade soit atteint directement par une forme résistante de la tuberculose.

Les traitements contre les formes résistantes de la tuberculose sont plus complexes, plus longs, plus toxiques, plus coûteux... et moins efficaces.

Parmi les malades souffrant de tuberculose multirésistante (MDR TB, c’est-à-dire résistante au moins aux deux molécules les plus puissantes du traitement de première ligne, la rifampicine et l’isoniazide), à peine plus de la moitié de ceux qui débutent un traitement en sortiront guéris. L’inquiétude est encore plus grande pour les patients atteint par une tuberculose ultrarésistante (XDR TB, lorsque les médicaments utilisés pour soigner la MDR TB ne font plus effet).

Comme pour les tests diagnostiques, aucune innovation prometteuse n’est attendue dans l’immédiat. De nouveaux produits devraient sortir des laboratoires d’ici quelques années, mais il s’agit de nouvelles déclinaisons de molécules déjà utilisées dans le traitement de la tuberculose. Les premières molécules entièrement nouvelles ne sont pas attendues avant 2015, au plus tôt.




écrit par emmanuel
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